Le Cercle Invisible, performance sonore et visuelle, mai 2026
Parcours unissant des formes géométriques ainsi que les sons concrets des objets manipulés (le maraca, le bâton de bois, et le couvercle circulaire) ; le choix manifeste d'insérer l'intervalle dans le continuum. Une forme invisible se révèle au fil de la lecture donnant ainsi le titre même de la performance sonore et visuelle : Le Cercle Invisible (0'55). Publication avec l'autorisation des parents. Fiche technique, captation sonore et visuelle : Son : Zoom H4n / Image : Drone Dji Mini 4 pro
Retour d'expérience
Interview d’Aaron (9 ans) au sujet de sa première pièce
SdG — Tu viens d'intégrer une formation en création contemporaine au CRR d'Amiens Métropole, qu’est-ce qui t’a intéressé dans ce premier projet décidé ensemble de création sonore et visuel, ayant vu que tu étais intéressé par des objets réunis dans un carton dans le studio d'électroacoustique ?
Aaron — « Ce qui m’a intéressé dans ce projet à réaliser, c’était l’idée géométrique des formes et j’aimais bien aussi le parcours visuel. Je mets surtout à la toute fin le rond — quand je le faisais tourner, j’aimais bien le son et j’aimais bien aussi le faire. »
SdG — Idée très intéressante que tu as eu de mettre en relation géométrie et son par exemple, comme ce très grand mathématicien de réputation mondiale, Alain Connes. Pourquoi avais-tu pensé filmer le parcours visuel et dans un second temps enregistrer les sons ?
Aaron — « Je pensais à la désynchronisation. Je pensais que par exemple je faisais tourner le rond, il commence à tourner et là ça commence à faire le son. Il tombe et ça continue… comme un écho. »
SdG — C’est une idée (désynchronisation) que t’as eue au tout début de ton projet de création ou en regardant le résultat ?
Aaron — « En regardant le résultat. Avec le recul, si c’était à refaire, peut-être que je ferais différemment. »
SdG — Avec plus de temps pour le montage en effet, tu pourras reprendre cette idée naturellement fort riche dans le cadre de l'invention et de la composition.
Aaron — « Par ailleurs cette idée de parcours donnait envie. J’aime bien l’idée de faire plusieurs étapes. Au début on a fait l’étape de visualisation, ensuite on a fait des sons. Et j’aimerais bien qu’on continue, même quand c’est fini. Par exemple, j’aimerais bien les retravailler avec les tout petits mouvements, comme dans la danse. »
SdG — Qu’est-ce que tu as véritablement inventé dans ta création sonore et visuelle ?
Aaron — « J’ai inventé la forme avec plusieurs étapes. Si je devais dire combien il y a de choses créées, je pense que je n’en ai pas fait énormément, c’est pour ça aussi que ça me donne envie de la retravailler. »
SdG — L’invention pour toi réside dans la forme ? Tu la décrirais comment ?
Aaron — « Une sorte d’ovale… En fait il y a un cercle, un vrai, on le met bien au milieu et tout autour il y a un autre cercle, mais en fait il est invisible. »
SdG — Est-ce que c’est toi qui as inventé le cercle ? Le trait ? La notion de droite ?
Aaron — « Non. »
SdG — Donc tu n’inventes pas les "micro-formes" géométriques de ton installation comme le cercle, la droite..., mais tu me dis que tu inventes la forme globale de l’objet. Est-ce que tu pourrais aller jusqu’à inventer les micro-objets de forme de ton installation ?
Aaron — « Il faudrait alors du temps… quatre ou cinq mois. Parce qu’on est obligé de prendre des formes qui existent déjà pour en faire une nouvelle. »
SdG — Qu’est-ce que tu as inventé dans le son ?
Aaron — « Je le fais peut-être différemment que quelqu’un d’autre, même si je fais exactement les mêmes gestes, il y a toujours quelque chose de différent. »
SdG — Quels instruments as-tu utilisé ?
Aaron — « Un couvercle — c’était une sorte de cercle avec une peau dessus. Un bâton. Et des maracas. »
SdG — Prenons l’exemple des maracas. Est-ce que tu inventes un son en secouant les maracas ?
Aaron — « Si quelqu’un fait ça d’une certaine manière et moi je fais ça différemment, ce n’est pas pareil. Si les maracas sont en bas, la forme est plus grosse, ça ne va pas faire le même son. »
SdG — Est-ce que l'on reconnaît le son des maracas ?
Aaron — « Oui, d’une certaine manière… et d’une autre non. »
SdG — Et le bâton ? Est-ce que tu as inventé le son du bâton contre la route ?
Aaron — « Peut-être pas… peut-être qu’il y en a un qui a fait la même chose mais avec un autre bâton, une autre forme. »
SdG — Quels sont les sons géométriques dans les trois sons que tu as choisi ?
Aaron — « Le couvercle parce qu’on sent la forme en écoutant. Le trait parce qu’on sent que c’est une ligne droite. Alors que les maracas, on ne peut pas sentir la forme. »
SdG — Si tu avais vraiment voulu inventer un son jamais entendu, il t’aurait fallu autant de temps que pour inventer une forme visuelle ?
Aaron — « Non, il aurait fallu du temps aussi, mais pas quatre mois. Quand j’ai les objets, je peux… mais après je n’allais pas non plus bricoler les maracas, mettre des papiers et tout ça. »
SdG — Pour tenter d'inventer des formes, il y a des personnes que l’on appelle des chercheurs qui travaillent encore plus que quatre mois, c'est leur métier de chercher, par exemple pour tenter d'inventer ou de comprendre "des formes". Il y a une branche de la géométrie ("naissance avec Euclide dans l'Antiquité"), la topologie (du grec topos lieu, et logos savoir), qui s'intéresse à cette question des formes comme le cercle, la sphère, le tore, un ruban de Möbius… ou d’autres formes qui pourrait nous aider à comprendre l’univers. En musique c’est la même question, il y a une histoire des formes, et il sera toujours question de l’invention ou pas de la forme. Merci à toi Aaron pour cette réalisation artistique tout comme cette pensée en mouvement qui ouvre des perspectives.